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Pourquoi sauvegarder la biodiversité ?

Protéger la biodiversité, mais au fait, pourquoi ? Bonne question… Une première raison que nous partageons tous : nous dépendons de la biodiversité dans notre quotidien, pour notre alimentation, notre santé et de nombreux autres besoins vitaux. Nous l’avons parfois oublié, et beaucoup d’entre nous n’en sont pas conscients du tout. À cet argument utilitaire, où l’intérêt général est évident, s’ajoutent de nombreuses raisons, d’ordre culturel, éthique ou spirituel, qui sont souvent plus personnelles, mais tout aussi pertinentes.

Écologie : la biodiversité, garant de l’équilibre des systèmes naturels

Le poisson clown et l'anémone, une vie en symbiose
© B. Cole / Biosphoto
L’ensemble de la vie sur terre forme un grand système, la biosphère, composé d’éléments interagissant entre eux. Ainsi, toutes les espèces animales et végétales font partie de divers écosystèmes et sont, à ce titre, des maillons indispensables de communautés complexes d’êtres vivants. Elles entretiennent des relations multiples entre elles, qui les rendent souvent interdépendantes. La disparition de l’une d’entre elles entraîne une simplification et une fragilisation de l’écosystème, voire la disparition d’espèces associées. En règle générale, plus un écosystème est diversifié, plus il est productif et stable. Les écosystèmes trop dégradés finissent par ne plus assurer leurs fonctions, ni les services qu’ils rendent aux sociétés humaines.

L’humanité dépend totalement de cette communauté de vie et de cette solidarité naturelle et obligatoire entre les espèces vivantes. Cette notion est bien exprimée par le mot « biosphère » (la sphère où se déploie la vie), à l’inverse du mot « environnement » (ce qui entoure l’homme, volontiers considéré comme une réalité extérieure, immobile, dont on pourrait se passer). On a souvent tendance à oublier que nous ne sommes qu’un élément de la biosphère. Et le plus fragile dans la biosphère, c’est la part du vivant !
« Chaque espèce qui disparaît, c’est une de moins pour supporter les autres… »

Economie : les biens et services offerts par la biodiversité à l’humanité

La biodiversité, nourriture de l'humanité
© C.Thouvenin / Biosphoto
Sur le plan économique, les espèces vivantes sont dans de nombreux cas à la base de notre développement, au niveau local ou global. La biodiversité nous fournit abri, nourriture, eau potable, vêtements et médicaments. L’utilisation d’espèces sauvages comme ressources alimentaires (poisson, gibier, plantes, etc.) permet encore de satisfaire les besoins des communautés locales dans la plupart des pays du monde. L’industrie utilise un nombre insoupçonné d’espèces végétales et animales. Les exemples sont nombreux dans les domaines de l’alimentation, de l’agronomie, de la santé (plus de la moitié des substances pharmacologiques est tirée des végétaux) ou du tourisme. Dans sa diversité et sa complexité, la biodiversité garantit le bon fonctionnement des écosystèmes, qui rendent des services irremplaçables à l’humanité (comme la fourniture d’oxygène, le recyclage des matières organiques par exemple). Le Millenium Ecosystem Assessment, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement et de la Convention sur la Diversité Biologique, a effectué de nombreux travaux pour quantifier l’apport de la biodiversité au bien-être de l’humanité.
« Le meilleur modèle de développement durable, c’est la diversité du vivant, depuis 4 milliards d’années. »
Robert Barbault, MNHN, France

Lutte contre la pauvreté : un allié indispensable, souvent négligé

De nombreux pays du sud dépendent étroitement des ressources naturelles, pour la survie quotidienne des populations rurales. Beaucoup de crises dans les pays en voie de développement ont d’ailleurs pour origine la surexploitation des ressources naturelles. Toute stratégie de lutte contre la pauvreté et d’aide au développement doit donc intégrer le facteur écologique et le maintien d’un environnement naturel, et la restauration de la biodiversité. Malheureusement, la biodiversité est encore souvent considérée comme un luxe des pays riches (face aux urgences de court terme, comme l’autosuffisance alimentaire ou la santé). On oublie alors qu’elle est la base des biens et services, comme l’eau ou le pâturage, que nous procure le milieu naturel environnant.
La pêche est pour 200 millions de personnes le seul moyen de subsistance
© E. Lattes / Biosphoto

Cultures et sociétés : diversité biologique et diversité culturelle, même combat

Depuis l’apparition de l’Homo sapiens, biodiversité et humanité sont intimement liées. Les sociétés humaines ont évolué en interaction constante avec la nature environnante. Celle-ci a forgé la diversité de nos sociétés, et remplit aujourd’hui des fonctions récréatives, esthétiques et spirituelles qui n’ont pas de prix. Les espèces sauvages font en effet partie de la richesse de l’environnement sentimental et affectif nécessaire à notre équilibre et à notre épanouissement personnel. Elles inspirent artistes et poètes. La "demande sociale" de nature est aussi de plus en plus forte dans notre société de loisirs, et répond à des aspirations modernes, tant pour les activités de plein air que lors de voyages touristiques.

À l’heure de la mondialisation et de la globalisation, tendances qui concernent les économies et nos modes de vie, mais aussi les ressources naturelles, il est fondamental de maintenir la diversité de la nature, tout comme celle des cultures humaines. La sauvegarde des espèces vivantes est ainsi le reflet le plus évident du maintien de la diversité en général.
« Chaque espèce est une bibliothèque. Ce sont des bibliothèques entières que nous brûlons. »
E. O. Wilson, Prof. Harvard

Spiritualité et religion : biodiversité et respect de la vie

Fleur de lotus sacré
© M. Hazan / Biosphoto
Sur le plan spirituel, les différentes religions s’accordent toutes pour rappeler le même message de respect vis à vis des différentes formes de vie sur la planète. Dans l’ancien testament, l’histoire de Noé, qui fit monter à bord de son arche trois couples de chaque espèce animale pour les sauver du déluge, est la représentation symbolique la plus forte de notre responsabilité vis à vis du monde vivant.
« Dieu créa aussi toutes sortes de bêtes, et de bestioles, et il vit que cela était bon. »
La Bible, Genèse

Éthique : un monde sans biodiversité, non !

Un goéland argenté hante les toits de Brest
© C. Véchot / Biosphoto
Tout être vivant, parce qu’il existe et déploie des stratégies complexes, non mécaniques, pour rester en vie et se reproduire, a une valeur propre. Il est de notre responsabilité morale de laisser aux générations futures un héritage biologique intact. Toutes les espèces ont le droit d’exister. Comment accepter que l’on élimine en quelques décennies des espèces vivantes, qui résultent de dizaines de milliers d’années d’évolution ? De quel droit ? Pourquoi ?
« Monsieur et cher éléphant, … A mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière. Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes. … Dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme. » …
Romain Gary, Lettre à l’éléphant. Le Figaro Littéraire, Mars 1968.

Patrimoine : La biodiversité, patrimoine naturel de l’humanité

Elephant de forêt, Afrique
© M. Gunther / Biosphoto
Les espèces vivantes appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité, au même titre que les pyramides d’Égypte ou les églises romanes. Patrimoine naturel, elles sont le pendant de nos monuments et œuvres d’art au niveau culturel. Héritage pour les générations futures, il est de notre responsabilité et de notre intérêt de protéger la biodiversité. Qui accepterait de raser la Cathédrale de Chartres ? C’est pourtant ce que nous faisons avec des dizaines d’espèces de faune et de flore en France.

Le patrimoine naturel est malheureusement peu valorisé en France. C’est pourtant lui qui a forgé nos cultures, et signe nos paysages. Ainsi la majorité des français sont capables de faire la différence entre une église romane et une église gothique. Très peu d'entre nous sont capables de reconnaître un hêtre, une des espèces d’arbre les plus courantes en France. Mais pouvez-vous imaginer l’Alsace sans les cigognes ou l’Afrique sans les éléphants ?

Sauvegarder la biodiversité, une application du principe de précaution

Au fil des temps, la plus grande valeur de la biodiversité réside dans les opportunités qu’elle fournit à l’humanité pour s’adapter aux changements locaux et globaux. Une plus grande diversité biologique est une sorte d'assurance biologique. Les communautés appauvries ne sont ni prévisibles, ni stables. Et la valeur future des espèces vivantes est impossible à prévoir… La biodiversité est un enjeu de sécurité nationale, car les besoins humains sont imbriqués avec celle-ci.

L’appauvrissement de la diversité biologique entraînera inévitablement une réduction des choix possibles de développement pour les générations futures. Sauvegarder les espèces vivantes répond au principe de précaution.
« Il faut protéger l’inconnu pour des raisons inconnues. »
Jean Rostand
 
 

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