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Comment sauvegarder la biodiversité ?
Stopper l’érosion de la biodiversité est un des grands chantiers du XXIème siècle, et peut-être le plus complexe. Cela demande d’agir à de nombreux niveaux. Localement et individuellement, laisser de la place à la nature et consommer moins et mieux. Au niveau national, mettre en place des stratégies opérantes de conservation de la biodiversité et un réseau d’espaces protégés pertinent et bien géré. Au niveau global, réconcilier protection de l’environnement, maintien de la biodiversité, progrès social et équilibres économiques : le défi du développement durable, l’avenir de l’humanité !
« C’est de nous, les hommes, et de notre avenir qu’il est question. C’est nous qui sommes interpellés par les menaces pesant sur la biodiversité planétaire. C’est l’homme en tant qu’espèce animale, si proche cousin du chimpanzé. L’homme en tant qu’espèce dépendant de toutes les autres pour son développement futur, biologique, social et économique. ».
Robert Barbault, Professeur d’Ecologie, MNHN.
Laissons de la place à la nature…
Nous avons besoin de la biodiversité © F. Labhardt / Biosphoto
Il est évident que la nature ne nous survivra pas si l’humanité n’accepte pas de lui laisser une place. Cinquante pour cent de la surface de la terre a été modifié par l’usage de l’homme, et il n’existe plus de territoires véritablement vierges.
Nous devons donc accepter que la nature ait une place dans notre jardin, à la campagne et à la mer, que de forêts naturelles (sans l’intervention de l’homme) ou de grands espaces sauvages existent. Cela peut faire sourire… Mais pendant des siècles, l’homme a combattu la nature pour construire un monde « civilisé ». Il ne s’agit donc pas là d’une réflexion légère mais d’une véritable révolution culturelle, qui reste à mener. D’ailleurs, les schémas d’aménagement du territoire intègrent souvent les espaces de nature comme une contrainte (à l’image de l’opposition de certaines communes et élus à l’encontre de nombreux parcs nationaux) et rarement comme un atout. Ce sont pourtant de véritables infrastructures naturelles au bénéfice de l’humanité.
« Il ne sert de rien à l’homme de gagner la lune, s’il vient à perdre la Terre. »
François Mauriac, écrivain français (1885-1970).
Conserver les espèces menacées
Rhinocéros blanc, Kenya © M.& C. Denis-Huot / Biosphoto
À la fin du XIXème siècle, la sous-espèce de rhinocéros blanc d’Afrique australe était considérée comme éteinte. Après un siècle d’efforts, on dénombre aujourd’hui 11 500 individus sauvages. À l’origine de la prise de conscience environnementale, la préservation des espèces est toujours une nécessité. Si les collections zoologiques et botaniques jouent un rôle important en maintenant le patrimoine génétique d’espèces très menacées, voire éteintes dans la nature, la priorité reste de conserver, ou de réintroduire, les espèces dans leur milieu naturel.
Développer un réseau d’espaces naturels
Astérie et posidonies, Parc National de Port-Cros © Y. Tavernier / Biosphoto
Imaginer qu’à court terme, nous sauverons une grande partie de la biodiversité sans un réseau pertinent, efficace et bien géré d’espaces protégés est une vision romantique. En effet, l’augmentation des pressions humaines sur les espaces et les ressources naturelles ne s’inversera pas en une ou deux décennies.
Les aires protégées sont la clef de voûte de la conservation de la biodiversité. Outils de protection des écosystèmes, mais aussi de développement économique et social, elles permettent de préserver des témoins de notre patrimoine naturel. De plus en plus intégrées à la vie économique locale, organisées en réseau géographique ou fonctionnel, elles doivent être aujourd’hui considérées comme des outils d’aménagement du territoire.
Développement et biodiversité
80 % de la population vit dans les pays en développement, où se trouve la plus grande part de la biodiversité © J.-F. Hellio & N. Van Ingen / Biosphoto
Aujourd’hui, 80 % de la population humaine vivent dans les pays en développement, où se trouve aussi la plus grande fraction de la biodiversité. Dans beaucoup de pays, les populations locales détruisent ces ressources, parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens d’existence. La lutte contre la pauvreté et l’amélioration de la qualité de la vie dans ces pays sont essentielles pour sauver la biodiversité. La préservation de la biodiversité, le respect de l’environnement et l’utilisation durable des ressources naturelles doivent être considérés comme des conditions essentielles du développement durable dans les stratégies d’aide pour le développement, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
Quelle nature pour demain ?
Cessons de considérer la nature comme ce qu’il reste quand tout a été aménagé. La sauvegarde de la biodiversité pose aussi une question personnelle et éthique. Quelle place sommes-nous prêts à accorder à la nature en ce début de XXIème siècle ? Quels efforts, renoncements et changements dans nos modes de vie et de consommation sommes-nous prêts à concéder pour la biodiversité ? Pour nous, pour les générations futures ?
« Les générations actuelles ont une tâche bien plus lourde que de refaire le monde, c’est d’éviter qu’il ne soit défait. »
Josué de Castro, Ecrivain et économiste brésilien.
Biodiversité et développement durable, nos vies sont liées
Sauver les espèces menacées et les espaces naturels, éduquer et communiquer, impliquer les individus, influer sur la législation, le commerce international et l’économie... Le monde de la conservation doit sortir de ses réserves. Face aux défis du 21ème siècle, la conservation de la biodiversité, indissociable du développement durable, nous oblige à une remise en question globale de nos modes de vie. Mieux gérer l’espace, consommer moins et mieux, repenser la solidarité entre nations, faire émerger une conscience internationale, autant d’orientations qui vont demander la mobilisation de tous : individus, communautés, courants politiques et religieux, société civile, entreprises et gouvernements.
Et toutes les dynamiques sont liées…
La biodiversité est l'alliée de l'homme © D. Delfino / Biosphoto
Conserver la biodiversité est lié à la consommation, à la lutte contre la pauvreté, mais aussi aux changements globaux, aux conflits, à la mondialisation des échanges, et aux progrès technologiques. Intégrer le changement et proposer des approches nouvelles (restauration écologique, gestion communautaire des ressources naturelles, évolution des politiques publiques, etc.) font partie des enjeux actuels. Mais seule l’acceptation de la nature et la prise en compte de la biodiversité, comme partenaire naturel de l’humanité, à tous les niveaux, peut à long terme la sauver.
« Nous sommes la seule espèce dans l’histoire de la vie capable de causer la mort de nombreuses autres espèces, mais aussi la seule à pouvoir en sauver. On peut considérer l’épisode actuel comme un défi. »
Norman Myers, Green College.
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