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La biodiversité aujourd'hui menacée
L’érosion de la biodiversité est aujourd’hui une réalité scientifique, qui menace la diversité du vivant. Et cette perte de la biodiversité est un des 2 enjeux environnementaux majeurs du 21ème siècle, avec les changements climatiques. À terme ce sont nos modes de vie qui sont remis en question, voire la survie de l’humanité qui est en danger.
Espèces en danger ou disparues
La liste des espèces disparues ou menacées d’extinction ressemble à une longue énumération à la Prévert. Thylacine, grand pingouin, couagga, baleine à bosse, tigre de Sibérie, vison d’Europe, poisson-chat géant du Mékong, discoglosse peint de Palestine, escargots du genre Partula en Polynésie, autant de noms étranges, expression de la diversité de la vie.
Derrière cette longue liste de noms plus ou moins familiers, se cachent une tendance et une réalité scientifique inquiétante. À cause des activités humaines, dans tous les pays du monde, sous les tropiques ou dans nos forêts, des espèces animales et végétales disparaissent. La toile de la vie se défait. L’uniformité remplace la variété, la dominance la diversité. La nature aussi se mondialise et s’appauvrit… Et l a disparition d’une espèce est définitive.
L'ours blanc a rejoint en 2006 la trop longue liste des espèces menacées © J-L. Klein & M-L. Hubert / Biosphoto
« Si Charles Darwin vivait de nos jours, il est probable que ses travaux ne porteraient pas sur les origines mais plutôt sur la nécrologie des espèces. ».
Mostafa K. Tolba, PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement).
L’extinction, un processus naturel, mais accéléré par l’homme
Fossile d'Ammonite de Madagascar © D. Halleux / Biosphoto
L’extinction d’une espèce (ou sa disparition définitive) est un processus naturel qui fait partie de l’évolution. 95 % de toutes les espèces qui ont existé sont maintenant éteintes. La durée de vie moyenne d’une espèce serait de quelques millions d’années.
Aujourd’hui, la biodiversité disparaît à un rythme 100 à 1 000 fois supérieur au rythme d’extinction naturelle. Ce n’est pas l’extinction, mais l’accélération du processus d’extinction qui est inquiétant. L’analyse des fossiles suggère que dans les périodes entre les extinctions de masse, les espèces s’éteignent au rythme annuel de 0.1 à 1 extinction par million d’espèces, ce qui donnerait un taux naturel d’extinction d’environ un mammifère tous les 400 ans, et un oiseau tous les 200 ans.
« Les scientifiques estiment que 25 000 à 50 000 espèces disparaîtraient chaque année ».
Notre millénaire, la 6ème vague d’extinction
D’après les scientifiques, nous vivons aujourd’hui la 6ème vague d'extinction (ou peut-être la 7ème…), suite à 5 crises biologiques majeures (il y a 440, 365, 250, 145 et 65 millions d'années). Celle d’il y a 65 millions d'années (au début de l’ère tertiaire, et qui serait due à une pluie de météorites géantes au Mexique) aurait entraîné la disparition des dinosaures (au moins 850 espèces), de groupes de mollusques et de reptiles marins, et en tout de 65 à 70 % des espèces vivant sur la planète. La plus importante (250 millions d'années, crise du Permien), aurait éradiqué 90 % des espèces marines et 50 % des familles d’animaux. Toutes ces crises, dues à des catastrophes physiques, ont permis à d’autres formes de vie de s’épanouir.
La monoculture, une des causes de l'érosion de la biodiversité © A. MacLean & P. Arnold / Biosphoto
La crise contemporaine de la biodiversité, très différente, est due à l’action d’une seule espèce, l’homme.
La nature évolue à un rythme beaucoup trop lent pour rattraper le saccage perpétré par les humains. Les extinctions actuelles, causées par des facteurs anthropiques, risquent de diminuer la biodiversité sur la planète pour des millions d’années à venir, car le nombre de niches écologiques a, lui aussi, été réduit. Il faudrait à la nature au moins 10 millions d’années pour se remettre.
« Tous les biologistes qui travaillent sur la biodiversité sont d'accord pour dire que, si nous continuons à détruire certains environnements naturels, nous aurons éliminé la moitié, ou davantage, des plantes et des animaux de la planète à la fin du 21ème siècle. »
Edward O. Wilson, Professeur à Harvard.
Chiffres…
Selon la Liste Rouge 2006 de l’UICN, 16 119 espèces sont menacées d’extinction. Durant les 500 dernières années, 784 espèces se sont éteintes à cause de l’homme, et 60 ne survivent plus qu’en captivité ou en culture.
Mais ces chiffres sous-estiment lourdement l’ampleur de la crise car seul le statut d’un peu plus de 40 000 espèces a été évalué. Quand on évalue le statut de tout un groupe d’espèces, on s’aperçoit en fait que le pourcentage d’espèces menacées du groupe concerné est important. Ainsi un amphibien sur trois, un oiseau sur huit et un mammifère sur quatre sont menacés d’extinction…
« La bibliothèque de la vie brûle et nous ne connaissons même pas les titres des livres. »
Dr. Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre de Norvège
Et tendances !
À la différence du changement climatique, qui est un phénomène global, la crise de la biodiversité se traduit par une multitude d’événements locaux. Cela augmente la complexité du phénomène et le rend plus difficile à appréhender dans sa globalité par les scientifiques.
Il est difficile de prédire l’importance des extinctions à venir, vu notre méconnaissance du monde vivant et du nombre d’espèces existant sur la planète. Beaucoup d’espèces s’éteignent avant même d’être connues. Mais pour des groupes d’espèces bien connus comme les mammifères, les oiseaux, ou les conifères, et dont le statut de conservation a été évalué de façon exhaustive, le pourcentage d’espèces menacées varie de 10 % à 30 %, voire même plus de 50 % (cas des tortues, par exemple). Mais ce qui est une certitude, c’est que l’érosion de la biodiversité touche aujourd’hui la nature ordinaire, tout autour de nous.
Si la tendance se confirme, 50 % des espèces vivantes pourraient disparaître d’ici à 2050.
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