Le coin des écoles

Par leurs couleurs, leurs formes, leurs vols, les papillons sont souvent appréciés des enfants. Ils peuvent avoir également un rôle pédagogique intéressant à tous les âges.

On peut ainsi travailler et réaliser des ateliers sur de nombreuses thématiques :

  • La biologie en parlant du cycle de vie, de la nutrition…
  • L’écologie avec la pollinisation, la chaîne alimentaire…
  • L’éco-citoyenneté en expliquant pourquoi il est important de garder une diversité d’espèces dans nos jardins et comment y parvenir
  • Les mathématiques lors des comptages, il est possible de faire des moyennes, de chercher des maximums et des minimums, de faire des graphiques avec les données de chaque mois…
  • La géographie avec les cartes de répartitions des espèces.
© S. Marin
Ces ateliers peuvent entrer par ailleurs dans le cadre des programmes de l’Éducation Nationale. Le cycle du papillon est une excellente illustration des stades du développement d’un être vivant (cycle 3, thématique "Unité et diversité du monde vivant"). L'étude de l’impact des activités humaines sur les populations de papillons et leurs habitats naturels permettent d’aborder, en sixième, les parties "Peuplement des milieux" ou "Caractéristiques de l’environnement proche et répartition des êtres vivants". L’étude des papillons, de leurs stades de développement, de leur place dans le réseau trophique et de leurs adaptations illustrent la complexité de l’environnement et donc la multiplicité des impacts humains sur les milieux naturels (de la biologie à l’éducation civique).

Enfin l’Observatoire des Papillons des Jardins peut être utilisé comme outil de suivi lors de l’aménagement d’un jardin pour les insectes ou d’un jardin écologique dans l’école ou dans un parc public à proximité. La méthode de comptage proposée permettra de constater si les modifications des pratiques, les plantations et les abris installés pour les insectes attirent effectivement plus de papillons. Cela pourra éveiller les enfants à la démarche scientifique simple : comparer l’état après modification de l’état initial et en déduire l’impact des aménagements.
Défilé de petits papillons pour la fin d’année scolaire.
© S. Marin
Bref, une multitude de raisons pour faire participer vos élèves à l’Observatoire des Papillons des Jardins !

Vous trouverez ici la méthode à suivre pour observer les papillons avec vos élèves et des idées d’ateliers pour compléter ce travail sur les papillons. Des documents à télécharger sont disponibles en bas de page.

1. Où compter les papillons ?

Nous recensons les papillons des jardins. Les lieux d’observations peuvent être des jardins publics ou privés, mais aussi des jardinières sur un balcon ou une terrasse.
Si vous n’avez pas d’espace vert au sein de votre école, vous pouvez vous rendre dans un jardin public, un square, un jardin privé (par exemple un parent d’élève qui propose son jardin) ou dans un jardin partagé.

2. Comment attirer les papillons ?

Pour les attirer dans son jardin, il ne faut pas oublier que les papillons se nourrissent lors de deux de leurs quatre stades de vie : le stade chenille et le stade adulte encore appelé imago. Attention, leur régime alimentaire n’est pas le même à chacun de ces stades.
Chenille de Machaon sur du fenouil
© Flavia
La plante-hôte pour la chenille
La chenille est herbivore et très exigeante ! Une espèce ne se nourrit généralement que d’une seule espèce de plante, la plante-hôte. Parmi les plantes-hôtes les plus communes, citons par exemple, les orties très appréciées par de nombreuses espèces de chenilles, le trèfle, la ronce, les arbres fruitiers, les ombellifères (comme le fenouil), les crucifères (colza, choux, giroflée…).
Vous trouverez dans les documents à télécharger une liste non exhaustive de plantes-hôtes et des chenilles qui s’en nourrissent.
Tabacs d'Espagne butinant des fleurs de Centaurée
© R. Dauriac / Biosphoto
La plante nectarifère pour le papillon adulte
La plante nectarifère est, comme son nom l’indique, une plante riche en nectar. C’est de ce nectar que les imagos vont se nourrir en butinant les fleurs.
Attention les fleurs à corolle améliorée ne sont pas, en général, les plus riches en nectar. En effet, la plante va mettre toute son énergie dans la fabrication de la fleur, et non dans celle du nectar.

Pour attirer les papillons, il faut donc que soient présentes dans le jardin à la fois des plantes-hôtes pour les chenilles et des plantes nectarifères pour les papillons adultes.

3. Comment enregistrer et décrire un jardin ?

L'inscription se fait directement sur Internet. Vous pouvez enregistrer un ou plusieurs jardins. Une fois inscrit, vous recevrez la confirmation de votre pseudo et de votre mot de passe. Conservez-les bien précieusement, ils vous seront nécessaires pour la saisie en ligne des observations réalisées par les élèves.
Pour décrire le jardin où auront lieu les observations, distribuez aux enfants la fiche de description du jardin qu’ils pourront remplir lors de la première sortie.
A télécharger : Fiche de description du jardin de l'école (pdf 789.31 Kb)

4. Comment compter les papillons ?

La période d’observation
L’Observatoire fonctionne de mars à octobre chaque année. Vous pouvez donc commencer à compter les papillons à la rentrée, en septembre et en octobre, et reprendre cette activité de mars à juin.

La fréquence
Il n’y a pas de fréquence de comptage obligatoire. Ce n’est donc pas grave si vous ne comptez pas les papillons en juillet et en août ou même de juillet à octobre.
La fréquence d’observation de votre école dépendra donc du temps que vous souhaitez passer sur ce programme.
La méthode
Le but est de connaître le nombre maximum de papillons de chaque espèce vu à un moment donné au cours du mois.
Nous vous conseillons de distribuer aux enfants la feuille d’identification. Une fois un papillon identifié par les élèves, regardez avec eux autour de vous et comptez combien vous en voyez de la même espèce. Vous noterez vous-même le nombre sur la fiche de comptage.
À la fin du mois, n’additionnez pas toutes vos observations pour chaque espèce, mais retenez le nombre maximum dans chaque case : ainsi, pas de risque de compter plusieurs fois le même papillon !
Exemple avec les Piérides blanches
Un matin, pendant la récréation, un groupe d’élèves observe 2 Piérides blanches. À ce moment-là, vous leur demandez s’ils en voient d’autres autour d’eux en train de butiner un peu plus loin. Effectivement, une troisième survole vos têtes. Vous avez donc vu distinctement 3 Piérides dans un même laps de temps. C’est ce chiffre que vous notez sur la fiche de comptage pour les Piérides blanches.
Lors d’un prochain comptage pendant le même mois, vous recommencez l’opération avec le même groupe d’élèves ou un nouveau, et vous notez le chiffre à côté du premier. Et ainsi de suite jusqu’à la fin du mois.
À la fin du mois, vous retiendrez le nombre le plus grand que vous ayez noté pour chaque espèce, sans additionner les comptages. C’est ce nombre que vous saisirez en ligne à la fin du mois.
Classes nombreuses
Le problème rencontré lorsque les élèves sont trop nombreux est que les papillons, effrayés, risquent de s’envoler ailleurs. Nous vous conseillons de réaliser les comptages par petits groupes. Pendant qu’un groupe réalise un comptage, l’autre peut travailler sur un autre atelier (cf. Ateliers annexes).

5. Comment enregistrer vos observations sur le site de saisie en ligne ?

À la fin de chaque mois, du printemps à l’automne, vous pouvez saisir vos données directement en ligne. Muni de votre pseudo et de votre mot de passe vous pourrez alors accéder à la session de l’école, décrire le ou les jardins et nous transmettre les observations de papillons.
Il est par ailleurs important de créer un jardin pour chaque site observé, et de ne pas additionner les observations de tous les sites, ce qui fausserait les données.

6. Ateliers annexes

Voici quelques idées d’ateliers sur lesquels les classes peuvent travailler, selon l’age des enfants. Vous trouverez d’autres idées dans les documents « Ateliers thématiques » disponibles en bas de page.

La morphologie du papillon et des insectes
Les papillons font partie de la classe des insectes caractérisée par un corps en trois parties (tête, thorax, abdomen), trois paires de pattes et une paire d’antenne. Les papillons ont deux paires d’ailes comme de nombreux insectes (coléoptères, hyménoptères, …)

Le cycle de vie du papillon
Comme beaucoup d’insectes, les papillons passent par plusieurs stades au cours de leur vie. Les papillons en ont 4 : l’œuf, la chenille, la chrysalide et l’imago (papillon adulte).
A télécharger : Le cycle de vie du papillon (pdf 521.67 Kb)
Lâcher de Belle-dame dans une école.
© S. Marin
L’élevage de papillons
Un élevage en classe est un élément qui éveille la curiosité chez les enfants et est un support pédagogique de choix pour travailler les sciences. Ils pourront y observer la vie des papillons du stade chenille à l’envol de l’adulte. Cette activité permet d’aborder différentes thématiques.

  • L’observation, le contact avec les animaux permettent d’éveiller les sens, préalable à toute connaissance.
  • Il permet d’observer facilement les phénomènes de mue et de métamorphose, source d’émerveillement pour les enfants.
  • Il permet d’illustrer la notion d’interaction spécifique et de chaîne alimentaire car pour réaliser cet élevage, il est important de donner la bonne plante-hôte aux chenilles et donc de bien intégrer la notion de plante-hôte.
  • Un élevage donne l’occasion de découvrir un nouveau type de texte : le texte documentaire qui va nous apporter des connaissances sur l’animal qui partage notre quotidien et nous permettre d’élaborer une carte d’identité complète.
  • Il permet également de réaliser des dessins d’observation car les chenilles sont aisément manipulables.
  • À travers l’observation quotidienne des animaux élevés en classe, les enfants vont pouvoir avoir une approche du concept de vie et de leur responsabilité.
  • Par ailleurs, la charge affective des enfants envers les animaux leur fait souvent jouer un rôle de médiateur, de libérateur de la parole, en particulier pour les enfants en difficulté.
Pratiquement, l’élevage est facile à mettre en œuvre. Il suffit de placer les chenilles (achetées ou récoltées) dans une cage aérée (ex. boîte à fromage avec grillage, vivarium fermé par un grillage fin ou tissu de type tulle, …) et y mettre des feuilles de leur plante-hôte pour qu’elles se nourrissent.
Pour vous procurer des œufs ou des chenilles, vous pouvez contacter :

L’OPIE (Office Pour les Insectes et leur Environnement) : www.insectes.org
L’association JBA nature : www.jba-nature.com
Les dessins d’observation
d’après Claudette Balpe (IUFM Aquitaine)
Dessin d’observation, d’une classe de moyenne et grande section de maternelle.
© S. Marin
La découverte est un jeu d’observation. La représentation (par le dessin et l’écriture) est un outil pour le développement intellectuel. Il faut favoriser cette activité en choisissant des situations d’investigation pour l’enfant qui lui permettent de « jouer » avec la nature.
Il s’agit d’aider l’enfant à distinguer le dessin d’observation du dessin d’expression (qui est principalement développé dans les activités artistiques à partir du cycle 2). En dessinant ce qu’il vient de voir ou de faire, l’enfant montre au maître ce qu’il a compris, ou non. En comparant son dessin à celui des autres, l’enfant juge son travail et trouve des raisons de progresser.
Dessin d’observation, d’une classe de moyenne et grande section de maternelle.
© S. Marin
Cette activité permet à l’enfant de :
  • Prendre de la distance par rapport à son expérience,
  • Exprimer ses représentations, sa connaissance du monde à un moment donné,
  • Prendre conscience du temps qui passe et de sa propre évolution,
  • Recueillir des remarques et aider à faire émerger un questionnement qui conduira à une activité d’investigation,
  • Mettre en place des capacités d’observation,
  • Acquérir les premiers rudiments de signification du monde écrit grâce à la légende,
  • Structurer un savoir : le dessin d’observation consiste en un tracé au crayon rendant compte d’une observation dans le cadre d’un problème posé conduisant à la mise en place d’un savoir.
C’est ainsi un outil pédagogique intéressant et apprécié par l’enfant.
Un grand merci à Stéphanie Marin, institutrice, pour son aide et ses conseils dans la construction de cette page.
 
 
   
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