Le projet Evolution Megalab : comprendre l’évolution de deux escargots
Saviez-vous que grâce à de petits escargots que vous pouvez rencontrer dans votre jardin, au bord d’un chemin ou dans une haie, vous avez l'occasion d'observer l’évolution ?
L’évolution selon Darwin
© M. Gunther / Biosphoto
Les espèces que nous observons aujourd’hui sont le résultat d’une lente évolution, une sélection naturelle qui a permis aux espèces et aux individus les mieux adaptés de survivre face aux conditions et aux dangers de leur environnement, tandis que les autres ont disparu. C’est la théorie de l’évolution. Ainsi, la forme d’une aile, la couleur d’un pelage, ou la production d’une substance toxique sont autant d’adaptations qui ont fait la différence ! En 2009, associations et scientifiques vous proposent de fêter le 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin, naturaliste à l’origine de la théorie de l’évolution des espèces. L’année 2009 fête aussi les 150 ans de la publication de l’ouvrage présentant cette théorie : « De l’origine des espèces ».
Des escargots en évolution !
© B. Fontaine / MNHN
Les escargots ont eux aussi subi la sélection naturelle et sont le résultat d’une lente évolution ! L’escargot des jardins (Cepaea hortensis) et l’escargot des haies (Cepaea nemoralis) ont une coquille présentant une grande variété de couleurs et d’ornementations : coquilles jaunes, roses ou brunes, unies ou avec une ou plusieurs bandes en spirales. Les proportions des différents types de coquilles varient selon les lieux, et ces variations sont en lien avec les caractéristiques de l’environnement dans lequel vivent les escargots.
© D. Watts / Biosphoto
Ainsi, la présence de grives musiciennes (des oiseaux qui raffolent des escargots), le type de végétation ou la température moyenne ont une influence sur les couleurs des coquilles. Dans les habitats où les grives sont nombreuses, les coquilles très voyantes et donc facilement repérables sont moins abondantes que les coquilles plus discrètes (ce qui évite aux escargots de se faire croquer). Dans le nord de l’Europe, où il fait plus froid, les coquilles sombres (qui captent donc mieux la chaleur) sont plus nombreuses.
Le projet européen Megalab
Comment les variations environnementales influent-elles sur la coloration des coquilles de deux espèces d’escargots ? Le projet Evolution Megalab, associant différents pays d’Europe, tente de répondre à cette question en faisant appel aux volontaires dont les observations seront confrontées aux données historiques conservées dans les muséums.
© C. Ruoso / Biosphoto
Aujourd’hui, les populations de grives sont en déclin dans de nombreuses régions, et le climat se réchauffe : ces variations environnementales ont-elles des répercussions sur les populations d’escargots ? En d’autres termes, les proportions de coquilles les plus voyantes vont-elles changer dans les régions où les grives étaient autrefois abondantes, et le nombre de coquilles claires va-t-il augmenter dans le nord de l’Europe ?
À vous d’observer !
© S. Dhier / Biosphoto
Dans toute l’Europe, des observateurs volontaires sont invités à observer les coquilles de l’escargot des jardins (Cepaea hortensis) et de l’escargot des haies (Cepaea nemoralis) autour de chez eux, à relever les proportions des différents types de coquilles et à envoyer ces données sur le site Internet de l’Evolution Megalab.
Cela permettra de comparer les proportions des différents types de coquilles sur autant de sites que possible en Europe. Cette situation actuelle sera confrontée aux données passées, grâce aux coquilles des collections des divers muséums d’histoire naturelle européens, collections constituées de coquilles récoltées au cours des siècles passés. En particulier, le Muséum national d’Histoire naturelle, coordonnateur de l’Evolution Megalab pour la France, possède une collection de Cepaea riche de plusieurs centaines de milliers de coquilles qui sera étudiée pour ce projet !
Plus la participation sera importante, plus les données collectées seront pertinentes et permettront de se faire une idée exacte de la situation actuelle, afin de la confronter aux données passées. Grâce aux citoyens, c’est une nouvelle pierre qui sera posée sur l’édifice commencé par Darwin pour comprendre comment fonctionne l’évolution !
>> Renseignements : megalab@mnhn.fr
>> Le site du projet Megalab : http://www.evolutionmegalab.org/fr
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